Histoire du Carnaval en Martinique

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Tradition

Le Carnaval de Martinique naît en pleine colonisation à Saint-Pierre qui était alors la plus grande ville de l'île. Il était le mélange de la culture africaine et européenne.

Originellement, le Carnaval remonte au Moyen-Age. Dans le but de supprimer les idées et les traditions païennes, l'église catholique sous la contrainte et par peur de voir être créée une nouvelle religion moins restrictive, crée le « Mardi Gras » qui est le rite de la célébration du Printemps.

Carnaval en Europe au Moyen-AgeLe Mardi Gras était donc la journée de fêtes, bals publics, déguisements et autres réjouissances que célébraient pleinement les chrétiens européens. A cela s'ajoutaient toute sorte de menus à base de viande qui était consommé sans modération.

Sa position dans le calendrier, à la veille du Mercredi des Cendres qui marque le début du Carême, la période de jeûne et prières, en faisait le dernier jour où on pouvait manger « gras » jusqu'à la fête de Pâques. Cette journée va devenir le Carnaval du latin « carnelevarium» qui signifie suppression de la viande.

L'arrivée du Carnaval en Martinique

Le Carnaval des colons aux esclaves

En Martinique, le Carnaval arrive en Martinique avec les colons français catholiques aux environs du 17ème siècle. De cette tradition qu'ils avaient en Europe, ils y imprégnèrent les esclaves africains depuis les bateaux négriers. Une fois installés dans les plantations, les maîtres invitaient famille et amis de leur rang à commémorer le Carnaval selon les traditions européennes importées aux Antilles. Ainsi des réceptions fastueuses avec de la nourriture en abondance étaient partagées entre élites de l'époque. Les invités arrivaient masqués vêtus d'habits luxueux.

Plus loin dans leur quartiers, à proximité des cases, les esclaves répétaient cette tradition des colons en tentant de copier leurs maîtres tout en gardant leur tradition de costumes tels qu'ils étaient fabriqués en Afrique. Le tambour y est introduit et les esclaves dansaient selon les rythmes de cet instrument qu'ils utilisaient autrefois dans leurs fêtes.

Au final, les festivités étaient très différentes selon le statut social de la personne célébrant le carnaval. Car si le carnaval était une réception dans l'habitation chez les Colons blancs, elle était un cortège, un défilé costumé qui mêlait danses et musique dans les quartiers des esclaves sur l'habitation du maître. Il était en effet interdit de quitter la propriété du maître. Le carnaval sera cependant plusieurs fois interdit aux esclaves, les maîtres ne supportant pas voir des esclaves courir les rues et fêter avec des coutelas, bâton et autres outils de travail.

A la fin de l'esclavage, c'est toute la population qui danse ensemble et célèbre le Carnaval devenu une festivité que toute l'île s'est appropriée. Ainsi « les créoles quelle que soit leur couleur, sont grands amateurs de musique et de danse. Il faut les voir [...] le jour du carnaval. Au son d'une mélopée plaintive, à phrase tombante et reprise sans intermittence avec quelques variantes, l'innombrable cortège des hommes et des femmes marche en mesure, se tenant par la main, se donnant le bras, se séparant, s'unissant selon les mouvements de cette danse accidentée, au milieu des cris, des chants, des rires, dans une ivresse sans fin. »

A noter que le Carnaval a été interdit lors de la Première Guerre Mondiale ainsi que les fêtes patronales qui ont été remplacées par des fêtes patriotiques. Il aurait été mal vu que les habitants des colonies françaises se réjouissent dans les rues pendant que la nation était en guerre et de même les rassemblements populaires ne garantissaient pas la sécurité des participants.

Un succès populaire

Le carnaval connaît un vif succès au 19ème siècle en particulier vers la fin de l'époque. Des défilés et parades populaires étaient organisés dans la ville de Saint-Pierre alors capitale et ville principale de la Martinique jusqu'en 1902 et l’éruption de la Montagne Pelée. Le Carnaval ne sera pas commémoré plusieurs années après et reprendra à Fort-de-France, la nouvelle capitale de la Martinique.

La réputation de ce carnaval atteint dès lors de nombreuses îles de la Caraïbe et le continent sud-américain par les trois Guyanes (Guyane Française, Guyana et Surinam). Les personnages du carnaval Pierrotain (de Saint-Pierre) sont recréés à Fort-de-France sur la base des héritages multiculturels qui caractérisent alors la société créole, de faits de société ou à partir des mœurs en vogue à l’époque (métiers, actualité régionale ou internationale).

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