Histoire
Sainte-Luce est une commune du sud de la Martinique. Elle est située à l'ouest du Diamant, au sud de Rivière-Salée et à l'est de Rivière-Pilote.
Sainte-Luce doit son nom à Sainte Lucie, la sainte sicilienne qui a également donné son nom à l'île au sud de la Martinique.
Sainte-Luce s'appelait initialement « quartier des Anses Laurens » avant de devenir une paroisse en 1665 suite à la construction d'une chapelle bâtie par les Jésuites. Elle était construite à l'emplacement cédé par les chefs caraïbes Pilote et Arlet. Des recherches archéologiques dans la commune ont prouvé la présence d'Amérindiens ainsi que leur pratique de rites magico-religieux dans les années 600-800 après J.-C.
Petit à petit, trois hameaux se constituent : Baie du Céron, Trois-Rivières et Anses Laurens. Ils sont réunis avant 1671 dans la paroisse de Sainte-Luce qui n'est reconnue officiellement qu'en 1684.
Ses limites sont alors fixées avec comme délimitations les Trois-Rivières et la Rivière Pilote.
En 1693, le bourg est incendie et est réinstallé à l'emplacement de l'actuel bourg de Rivière-Pilote.
Le centre de la paroisse n'est fixé de manière définitive en 1703 quand sont créées les paroisses du Diamant et celle de Rivière-Pilote.
Par plusieurs fois, en 1693, 1794 et 1809, les guerres contre les Anglais ont été féroces.
Par décret colonial en 1833, la commune du Sud de Martinique réunit Sainte-Luce, le Diamant et les Anses-d'Arlet. Supportant mal cette association, les habitants de Sainte-Luce demandent la création d'une commune indépendante. Leur vœu sera exaucé le 15 juin 1848, non sans une anecdote plutôt cocasse.
En 1836, lorsque la décision est prise de diviser la Martinique en communes, les propositions du Conseil colonial sont transmises à Paris. Louis-Philippe signe les décrets de création, et le gouverneur les applique en publiant des arrêtés l’année suivante.
Pour créer une nouvelle commune, il fallait relayer la demande des habitants à Paris — ce qui fut fait partout, sauf à Sainte-Luce.
François-Auguste Perrinon débarque sur l’île en tant que commissaire général après l’abolition de l’esclavage. Il prend rapidement une série d’arrêtés, dont celui concernant la création de la commune de Sainte-Luce. Mais, inexpérimenté dans son rôle d’administrateur, il oublie de publier l’arrêté et d’en informer Paris afin d'en faire la publication au Journal Officiel. Or, ces étapes étaient essentielles à la création d'une commune. Cette omission empêche la reconnaissance de la commune… du moins temporairement. L’erreur sera corrigée quelques jours plus tard.
En 1870, la commune connaît de nombreux troubles suite à l'Insurrection du Sud démarrée à Rivière-Pilote. Eugène Lacaille, résident de la commune, leader de cette révolte, a d'ailleurs été condamné à mort pour son rôle dans les émeutes qui, durant plusieurs jours, ont plongé l’île dans une profonde agitation sociale.
En 1875, la tentative de créer une usine à Trois-Rivières rencontre de nombreuses embûches. À peine neuf ans après sa fondation, elle est partiellement détruite par un ouragan en 1891. Deux ans plus tard, un incendie ravage son stock de sucre. Après avoir ruiné et absorbé les propriétés qui lui fournissaient de la canne, l’usine est mise en liquidation en 1895.
Elle est alors reprise par les héritiers d’Amédée Aubery, l’un des barons locaux, propriétaire de la distillerie Saint-Étienne. Eugène Aubery en assure la gestion jusqu’en 1919, mais l’usine tombe en décrépitude. Ayant concentré ses efforts sur l’usine de Lareinty, il transfère du matériel essentiel pour sauver celle deu Lamentin, au détriment de Trois-Rivières.
Louis Landa prend ensuite la relève, misant sur la production de rhum destiné à l’exportation vers la France — la seule véritable opportunité de relancer l’activité économique. Ce sera un nouvel échec. En 1933, il rétrocède l’usine aux héritiers Aubery, après avoir vendu une partie des 700 hectares du capital foncier.
Si aujourd'hui la marque Trois-Riviere, la distillerie n'est pas en mesure de fabriquer son propre rhum qui est distillé sur le site de la Mauny.
Économie
Si autrefois, la commune de Sainte-Luce était un pôle où la pêche constituait la principale activité économique aujourd'hui Sainte-Luce est davantage une station balnéaire où le tourisme constitue depuis sa principale activité.
Outre ses magnifiques plages et ses hôtels tels que Pierre et Vacances, elle offre aussi une place de choix aux adeptes de tourisme vert avec la Forêt Montravail.
Quartiers
Les principaux quartiers de la commune sont 3 Rivières, Anse Mabouya, Bastopol, Beaulieu, Bellay, Bellevue, Bellevue Ladour, Beola, Bernard, Blanchard, Céron, Corps de Garde, Délivry, Desert, Deville, Epinay, Grand Figue, Gros Raisins, Jacques, la Croix, la Disjonslée, Lavison, les Coteaux, Monésie, Mont Caraïbe, Montravail, Morne des Pères, Oblot, Petit Fond, Trou Au Diable, Vézières, Volcart et Voleau.