Moulin de Val d'Or

Le moulin du Val d'Or est l'un des nombreux témoins du passé esclavagiste de la Martinique. Il a été érigé au 18ème siècle sur l'Habitation du Val d'Or afin de faciliter le broyage de la canne à sucre. D'une hauteur de 18 mètres, il était l'élément central de l'ancienne habitation et le point de liaison entre l'habitation, c'est-à-dire la place de la production de sucre, et l'embarcadère du bord de mer d'où était transportée la marchandise.

Concernant son fonctionnement, le moulin manège était alors actionné par des mulets et était un symbole des technologies mécaniques de l'époque pour produire du sucre de canne. Par la suite, il a été restauré entièrement afin de réparer les murs, la toiture et le mécanisme de manège. Il a continué d'être utilisé même après l'installation de la machine à vapeur en 1882. La construction de l'usine du Marin va entraîner une baisse d'utilisation jusqu'à son arrêt total.

Le moulin du Val d'Or est à ce jour le seul moulin à bêtes toujours fonctionnel dans la Caraïbe. Il fait partie des sites appartenant au Parc Naturel Régional de la Martinique. Il est classé aujourd'hui Monument Historique.

Au cours des visites guidées, vous pourrez découvrir les vestiges de la sucrerie à proximité et assister à une animation où des âniers-muletiers et des guides vous feront découvrir les techniques de l'époque de broyage de la canne.

Habitation Beauséjour

L'Habitation Beauséjour est située à la pointe nord de la Martinique, à savoir la commune de Grand-Rivière. C'est un bâtiment construit au 18ème siècle qui a connu l'évolution de cultures lors de la période esclavagiste. Ainsi, cacao, canne à sucre, banane puis à nouveau canne à sucre se sont succédés dans ses plantations.

Autour de la maison principale datant de 1820, il y a deux autres édifices, le « pavillon du sénateur » construit pour être le bureau d'Amédée Knight, sénateur de la Martinique qui y vivait, et une autre bâtisse qui servait de dépôt, case à eau et d'écurie. Bien plus loin en contrebas se trouve la « rue cases-nègres » qui était l'espace de vie des esclaves puis des travailleurs agricoles.

Le premier propriétaire des lieux fut Chambert Anthoine dit La Rivière, natif d’Agde (Hérault) selon des documents datant de 1671. À cette époque, la surface de l'habitation était d'environ 150 hectares. En 1680, sur la propriété vivaient le maître, son épouse, ses deux enfants et 80 esclaves noirs. Jusqu'en 1928, neuf propriétaires différents se succédèrent comme propriétaires des lieux dont la famille Knight dont le patriarche Amédée Alexis Augustin Knight était un descendant d'un noir né en Martinique. Il était ingénieur de l’École Centrale de Paris et est devenu sénateur de la Martinique en 1899.

Planteur et distillateur à Saint-Pierre, il acquit cette terre au début du 20ème siècle, dans un contexte de crise sucrière où les faillites d’habitations étaient monnaie courante. Malgré cela, l'exploitation connut sous sa direction une étonnante prospérité. Elle passa d’une surface de 136 hectares à 285 hectares et fut dotée d’une distillerie qui produisit un rhum de qualité, le « rhum H.B.S. » médaillé d'or à l'Exposition coloniale de Paris en 1932.

C’est également à cette époque, entre 1900 et 1912 que l’habitation prit le nom de Beauséjour. Quand les héritières d’Amédée Knight revendirent le domaine, en 1928, au « béké » Pierre François Honoré Louis de Lucy de Fossarieu, il s’était encore agrandi de 50 hectares. On continuait à y cultiver la canne à sucre et à produire du rhum, tandis que le cacao déclinait au profit de cultures secondaires comme le maïs, les haricots ou la patate douce. Après la Seconde Guerre Mondiale, la banane prit le relais au profit du rhum dont la production fut arrêtée en 1958.

Pendant plusieurs années, la banane fut la culture majoritaire du domaine avant que la canne ne reprenne le relais depuis plusieurs années.

L'Habitation a été classée au répertoire des Monuments Historiques français en Septembre 1996. Elle produit un rhum de qualité qu'il est possible de déguster lors de la visite.

Pour y accéder depuis Fort-de-France, suivre la N3 jusqu'à Ajoupa-Bouillon puis la N1 direction Basse-Pointe, Macouba, Grand-Rivière, avant l'entrée du bourg entrer sur la gauche.

Château Aubéry

Le Château Aubéry, anciennement appelé Maison Rivail, est une construction du début du 20ème siècle. Elle était la propriété d'Eugène Aubéry (1879-1942). Eugène Aubéry était un Blanc d'origine modeste. Son mariage avec Berthe Hayot, fille de Gabriel Hayot, grand propriétaire terrien, le propulsera dans les plus hautes sphères économique.

Il fut d'abord l'administrateur de l'usine centrale de Lareinty et plus tard devint Conseiller Général du Lamentin.

Construit entre 1928 et 1931, le château de quatre étages où se répartissent 30 pièces est le reflet du statut de son grand propriétaire terrien. Pour renforcer le cachet de la bâtisse, les architectes Balesco et Volpi ont privilégié le style néo-classique de la construction, en témoigne le perron où aboutit un double escalier circulaire marqué dans sa mosaïque aux initiales du propriétaire « AE année 1930 ».

Eugène Aubéry a été impliqué dans l'assassinat d'André Aliker le 12 janvier 1934 dont il serait très certainement le commanditaire. En 1942, à sa mort, sa femme et ses huit enfants quittent la Maison Rivail.

Le château devint ensuite la propriété du Conseil Général de la Martinique. En 1954, il héberge l'École Normale puis l'école d'agriculture.

Abandonné depuis, il a été revendu contre un franc symbolique à la commune de Ducos en 1987. L'édifice est aujourd'hui protégé au titre des Monuments historiques, depuis le 31 Décembre 1992.

Ses matériaux subissant une dégradation par le climat, une réhabilitation a été nécessaire pour rétablir l'édifice tel qu'il était à ses heures de gloire.

Il se trouve au quartier Croix-Rivail, à proximité de l'ancienne route du François (RN6). Il n'est pas possible de le visiter actuellement en raison des travaux.

Sacré-Cœur de Balata

L’Église du Sacré-Cœur de Balata a été construite en 1915 par l’architecte français Wuifflef. C’est Monseigneur Lequien qui décida sa construction suite aux déplacements de la population des environs de Saint-Pierre après l’éruption volcanique de 1902.

Elle est située sur les hauteurs de Fort-de-France le long de la route de la Trace, dans le quartier de Balata, lieu humide et sombre presque partie intégrante de la forêt humide de la Martinique.

L'église de Balata est une réplique de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

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Église du Sacré-Cœur de Balata
Église du Sacré-Cœur de Balata
Église du Sacré-Cœur de Balata
Église du Sacré-Cœur de Balata

Habitation la Sucrerie

L'Habitation la Sucrerie des Anses d'Arlet est une magnifique maison qui date de la fin de 18ème siècle, elle témoigne de l'histoire industrielle de la famille Hayot. Aujourd'hui, elle appartient au Groupe Hayot avec l'Habitation Pécoul et l'Habitation Clément.

En 1788, Jean-François Hayot quitte son habitation caféière du Saint-Esprit et achète la Sucrerie qui était la plus importante habitation des Anses d'Arlet. Dès 1845, Michel Hayot, héritier de Jean-François Hayot et Maire de la commune du Sud (Anses d'Arlet, Diamant, Sainte-Luce) se tourne vers la culture de la canne à sucre dans un contexte de révolution industrielle.

L'acquisition au milieu du 19ème siècle de l'Habitation Poterie et des propriétés voisines aux Trois-Ilets mène à une diversification industrielle avec la fabrication de matériaux de construction en terre cuite (briques et tuiles). Ces habitations seront également des lieux de culture de la canne à sucre qui sera traitée par l'Usine de la Pointe Simon (actuelle gare des taxis de Fort-de-France).

Une étape essentielle est franchie avec Octave Hayot (1843-1892) est envoyé en 1868 par son père, Louis Hayot à la toute nouvelle Usine du François comme collaborateur d’Émile Bougenot, un ingénieur mécanicien métropolitain installé à la Martinique pour créer un nouveau type d’usines. Auprès de lui, il apprend d’une part la technique de fabrication industrielle du sucre et d’autre part le fonctionnement d’une entreprise moderne avec un actionnariat.

Cette mise en commun d’un nouveau savoir-faire technique et de capacités de production locales est à l’origine d’une grande réussite industrielle. À la fin de l’année 1868, Octave Hayot réunit quelques planteurs de la région de Rivière-Salée, à commencer par les habitations familiales des Trois-Ilets, pour fonder, avec l’aide d’Émile Bougenot, l’Usine centrale du Petit-Bourg sur l’Habitation Génipa.

Dans les années qui suivent, des rivalités d’usiniers amènent sa famille à prendre le contrôle des habitations voisines afin de garantir l’approvisionnement de l’usine et sa viabilité. Octave Hayot est considéré comme l’initiateur de la mise en valeur agricole de la plaine de Rivière-Salée jusqu’alors réputée peu propice à l’agriculture en raison de son caractère marécageux. Il décède prématurément en 1892 et ses proches reprennent la direction de l’Usine à un moment crucial de l’histoire de la Martinique.

Par la suite, l'éruption de la Montagne Pelée entraîne la mort de nombreux négociants. Les usiniers deviennent alors des acteurs majeurs de l'économie martiniquaise. Les descendants (Joseph, Simon, Saint-Michel, Léon ou Yves Hayot) joueront un rôle essentiel dans l'industrie sucrière. Ils dirigeront de nombreuses usines au Robert, au François ou encore au Lareinty jusqu’à la fin des années 1960, quand la crise sucrière mettra fin à la production du sucre de canne.

La famille se reconvertira alors dans la vente de biens de consommation et fondera le Groupe Hayot qui détient plusieurs magasins et commerces de l'île.

Pour vous y rendre, suivez la D7 jusqu'à l'entrée du bourg des Anses d'Arlet. L'Habitation se trouve au croisement de la D7 et de la D37. Il faudra stationner votre véhicule à l'entrée du bourg.

Église Saint-Étienne

L'Église Saint-Étienne du Marin a été construite en 1766 en pierre de taille. Elle se distingue des autres églises de l'île par son clocher situé juste à côté de l’édifice. Son architecture est de style « jésuite ».

L'intérieur de l'église est tout aussi surprenant que l'extérieur. La charpente rappelle la carène d'un bateau renversé. Dans le chœur se trouve un magnifique autel de marbre blanc qui selon la légende était destiné à la cathédrale de Lima au Pérou, mais il aurait fait naufrage non loin des côtes du Marin.

Il aurait été offert par François Cornet, un riche habitant de la ville, grâce à un legs de 6000 livres en 1769. Il avait déjà offert à l'église la statue de la Vierge, celle de l'enfant et celle de Saint-Étienne.

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Église Saint-Étienne
Église Saint-Étienne
Église Saint-Étienne
Église Saint-Étienne

Vierge des marins

La Vierge des marins a été érigée en 1870. Elle faisait à l'époque plus de 8 tonnes et se trouvait à 7 km de la Montagne Pelée.

Elle s'est renversée face contre terre lors de l'éruption de la Pelée en 1902 mais ne fut pas détruite ! Par contre, son socle ne résista pas à la lave dévastatrice du volcan.

Elle fut restaurée en 1921 puis à nouveau en 2019. Elle est également appelée Notre-Dame du Bon Port et veille toujours sur la ville de Saint-Pierre.

Pour la voir, grimper sur la petite route qui croise à droite la D1 (direction Fonds-Saint-Denis) juste après le cimetière. Au sommet tournez à droite et au bout du chemin terminez le parcours à pied.

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Vierge des Marins
Vierge des Marins
Vierge des Marins
Vierge des Marins

Château Dubuc

Le Château Dubuc est une ancienne possession de la famille Dubuc, riche famille originaire de Dieppe en Normandie qui s'était installée dans la commune de Trinité dès la moitié du 17ème siècle. En 1657, Pierre Dubuc, un Normand, débarque en Martinique. Pour avoir mené au succès plusieurs expéditions contre les Indiens Caraïbes, il reçoit en cadeau des autres colons une concession dans la région de Trinité et Tartane où il s'installe à partir de 1671. Il y bâtira toute sa puissance.

Balthazar, son cadet, s'établit à la Caravelle sur l'Habitation Spoutourne. Le fils de ce dernier, Louis Dubuc du Galion, construit une habitation d'abord appelée « Habitation Caravelle » qui va devenir par la suite le « Château Dubuc ».

L'habitation aurait été un lieu de production de sucre mais également un lieu de contrebande et de trafic d'esclaves. En effet, l'existence d'entrepôts, de coffres, d'appontements dans ce lieu isolé rend plus que probable la pratique d'une activité commerciale clandestine.

En 1770, le Château Dubuc est progressivement abandonné à la suite du terrible cyclone de 1766 et de la gestion désastreuse qui découle de la participation des Dubuc à différentes batailles contre les Anglais.

Aujourd'hui, le château est actuellement en ruine et fait partie de la réserve naturelle gérée par le Parc Naturel Régional. À ce titre il est un site particulièrement protégé. Le Château Dubuc est classé Monument Historique depuis 1991. Il figure au top 3 des sites les plus visités en Martinique.

Sur site vous pourrez bénéficier de visites audioguidées, d'un espace détente et d'une boutique.

Outre les ruines du Château, un micro-musée retrace l'histoire de ce lieu au passé trouble.

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Ruines du Château Dubuc
Ruines du Château Dubuc
Panneau du Château Dubuc
Panneau du Château Dubuc
Panneau du Château Dubuc
Panneau du Château Dubuc
Panneau du Château Dubuc
Panneau du Château Dubuc

Observatoire du Morne des Cadets

L'observatoire volcanologique de la Montagne Pelée, sur le Morne des Cadets, a pour mission la surveillance et la recherche volcanologique et sismique. Après l'éruption de 1902, le professeur Alfred Lacroix fit construire un observatoire, une simple case, sur le morne des Cadets.

Il y travaillait avec quelques appareils de mesure géophysique, mais le volcan ne donnant plus aucun signe d'activité, il fut décidé d'arrêter les observations. Quatre ans après, la grande éruption de 1929 ne fit aucun mort mais causa des dégâts matériels.

Un observatoire permanent fut alors construit et inauguré sur le morne Moustin, en face de l'historique installation du morne des Cadets dont il a adopté le nom.

Aujourd'hui, l'observatoire ne surveille pas que le volcan mais s'occupe également d'observer la sismicité des sols martiniquais.

Une salle d'information et d'exposition est accessible au public aux heures d'ouverture de l'observatoire.

Le site est classé Monument historique depuis 2012.

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Observatoire du Morne des Cadets
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Observatoire du Morne des Cadets
Observatoire du Morne des Cadets

Maison du Bagnard

La Maison du Bagnard est une construction de Médard Aribot, un sculpteur martiniquais à son retour de bagne en 1960. Il y aurait vécu jusqu'à sa mort en 1973. C'est une maison en bois ornementé, peinte de blanc et bleu orientée en face du Rocher du Diamant.

Médard Aribot était un sculpteur réputé et talentueux. Il aurait été condamné au bagne à perpétuité. Plusieurs versions sont annoncées pour les raisons de sa condamnation. Selon la population locale et la foule, la raison serait sa sculpture à l'effigie du Colonel Coppens brandie et conspuée par la foule au cours d'une émeute électorale en 1925.

Le Colonel Coppens, de son vrai nom Maurice de Coppens, était le patron de sucrerie au Diamant qui, en 1925, préféra laisser tirer dans la foule plutôt que de risquer de perdre les élections. Plusieurs personnes furent tuées dont le Colonel Coppens lors de cette émeute.

L'autre raison déclarée "officielle" serait les nombreux vols qu'aurait commis Médard Aribot. Après plusieurs années de bagne en Guyane, il est libéré en 1945 suite à la fermeture définitive des bagnes. Il regagne alors la Martinique en 1953 et aurait vécu dans la « Maison du Bagnard » jusqu'à la fin de sa vie en 1973.

La Maignon du Bagnard sera rénovée sous peu après avoir remporté une cagnotte en vue de sa restauration. Elle est classée Monument Historique.

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Maison du Bagnard
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