Vie et enjeux de la femme actuelle : de l'après Seconde Guerre Mondiale à nos jours
En à peine 70 ans, la situation de la femme a considérablement changé, la femme passant de « femme de » à l'égale de l'homme. Ainsi les femmes martiniquaises, sous l'impulsion des différentes lois votées à l'Assemblée Nationale à Paris, en faveur de l'émancipation des femmes allaient passer de simples épouses à des femmes totalement libres de leur choix de vie (professionnel, nombre d'enfants, droit sur les enfants, divorce, choix du conjoint, etc...)
Pilier de sa famille et émancipée
Lois d'émancipation des femmes
L'après Seconde Guerre Mondiale marque un tournant dans l'histoire des femmes françaises. De nombreux mouvements féministes internationaux et nationaux réclament plus de libertés pour les femmes et une égalité de statut entre l'homme et la femme. Ils allaient être entendus avec plusieurs lois votées en ce sens.
Récapitulatif des lois d'émancipation votées dans l'après guerre :
- Fin de l'incapacité civile en 1938 (le code Napoléon imposait aux femmes le droit d'obéissance à leur mari, les femmes peuvent désormais avoir une carte d'identité et un passeport),
- Autorisation d'exercer un commerce sans l'autorisation de son mari en 1942,
- Droit de vote en 1944,
- Contraception autorisée en 1967,
- Autorité parentale partagée entre le père et la mère en 1970,
- Égalité de salaire entre hommes et femmes en 1972,
- Recours à l'Interruption Volontaire de Grossesse en 1975,
- Interdiction de licenciement des femmes enceintes en 1980,
- Autorisation pour la femme de donner son nom de famille à son enfant en plus du nom du père en 1985,
- Loi pour le mariage homosexuel en 2013.
Attention cependant, ces lois bien que votées n'ont pas eu d'effet immédiat en Martinique. La Martinique reste une terre très chrétienne et attachée aux préceptes des églises catholique, évangélique ou adventiste. D'ailleurs, encore aujourd'hui une frange non négligeable de la population reste fermement opposée à l'avortement ou au mariage homosexuel.
Poto Mitan de la famille
Un mot à connaître quand on vit en Martinique ou qu'on étudie la femme martiniquaise est sans conteste le mot « poto mitan ». Le poto mitan désigne le rôle de pilier dans la famille. Dès la fin de l'esclavage, la femme est considérée comme celle qui a le rôle le plus important au sein de sa famille. En effet, l'esclavage avait avait marqué de son empreinte le rôle de de chaque individu dans la famille.
Ainsi, celui de l'homme était de travailler pour subvenir au « pain quotidien » (notion biblique du Notre-Père fréquemment utilisée) de sa famille alors que la femme était chargée de la préparation des menus, l'entretien de la maison, l'éducation des enfants, l'apport affectif à ses enfants et son mari. Attention cependant, la notion de poto mitan ne doit pas être confondue avec celle de femme au foyer. Une femme qui travaille peut également être le poto mitan de sa famille.
La notion de poto mitan fait référence uniquement à son rôle à la maison qu'elle soit femme au foyer ou salariée. Aujourd'hui encore en Martinique, de nombreuses femmes restent cantonnées au rôle de femme au foyer quand le rôle de l'homme est d'être la principale source de revenu du ménage. La « femme à la maison » n'est pas toujours un choix fait par celle-ci, car 24,71% des femmes de la population sont au chômage et à la recherche d'un emploi à temps plein ou à temps partiel. De plus, en Martinique, en 2014, une famille martiniquaise sur deux est une famille monoparentale avec au moins un enfant de moins de 25 ans dans le ménage. Le plus souvent c'est la mère qui est le chef de famille.
Ainsi, dans les familles monoparentales, la femme n'a pas d'autres choix de combiner son rôle de mère et de salariée. Le nombre important de familles monoparentales est du en grande partie aux divorces, séparations ou décès d'un des deux conjoints. Le parent absent, généralement le père, s'il est encore en vie participe toutefois à l'éducation de ses enfants soit financièrement (versement d'une pension alimentaire), ou encore affectivement (temps accordé à son enfant). Enfin, encore une exception antillaise (comparée à la Métropole), la structure familiale ne se résume pas aux seuls parents. Oncles, tantes, grand-parents participent à l'éducation des enfants et les prennent parfois en charge pour permettre à la mère de ces derniers d'avoir une occupation professionnelle.
