Les femmes après la colonisation
La fin de l'esclavage va changer complètement la face de la Martinique qui ne sera plus une économie basée sur l'exploitation d'une main d’œuvre servile mais sur une économie de type coloniale. Des vagues d'immigration se succèdent pour combler les départs des anciens esclaves noirs des champs. Ces nouveaux migrants condamnés à de rudes conditions de travail, une misère forte et une dépendance totale vis à vis de leurs employeurs.
Début de la femme créole
On définit par le terme créole toute personne issue de l'immigration coloniale née en Martinique. Les Colons blancs nés dans les Antilles se sont souvent attribués le terme de « créole », un terme devenu au fur et à mesure du temps plus attribué à la population noire post-esclavage et née dans l'île. La vision et la description que l'on faisait des femmes n'étaient plus les mêmes. Ainsi selon les descriptions que l'on retrouve de l'époque, les femmes nées dans l'île n'avaient plus rien à voir avec celles qui y étaient arrivées il y a quelques siècles ou décennies.
La femme blanche créole
Les Blancs nés en Martinique n'étaient plus des Européens à proprement parlés. Ils étaient des Blancs créoles (Issues de la lignée européenne des colons présents en Martinique depuis parfois plusieurs siècles et nés dans l'île). Selon Père Labat, la femme blanche créole avait le
teint mât, une grande délicatesse de traits, svelte et flexible comme un roseau, elle a les mouvements gracieux, le regard étincelant, le sourire franc. La bonté, la douceur, la sensibilité sont unies chez elle à une indolence et à un laisser-aller qui répandent un charme troublant sur toute sa personne.
La femme noire créole
De la même façon que la femme blanche créole, la femme noire créole n'était plus la femme africaine venue comme esclave en Martinique.
Elle était physiquement, élancée et bien proportionnée. Ses membres sont dégagés et les traits du visages plus délicats, le nez moins aplati, les lèvres moins grosses que chez les Africains. Sa peau n'a plus la teinte aussi noire que celle de son ancêtre, elle est plus satinée, les cheveux sont plus encore laineux mais d'une laine plus souple.
La femme métisse ou mulâtre
Appelés «personnes de couleur », les mulâtres ou métis sont la « classe intermédiaire » entre le Blanc et le Noir.
Ils offrent toutes les nuances qu'on peut imaginer entre le brun foncé et le brun clair lavé de jaune. De même leur chevelure varie : tantôt elle est presque aussi crépue que celle du nègre, tantôt seulement faiblement frisé; plus souvent elle est intermédiaire.
Les métisses sont en lutte avec les deux couches de population. A la fin de l'esclavage et après l'arrivée des engagés, ils sont la classe dominante de la population martiniquaise avec près de 100 000 métis, 50 000 noirs, 20 000 blancs et 17 000 engagés indiens ou chinois.