• Carte historique de la Caraïbe

    Histoire de la Caraïbe

    L’histoire des îles de l’archipel caribéen révèle des trajectoires similaires. Les migrations ont souvent suivi les mêmes schémas : les populations ont été remplacées ou absorbées par les nouveaux arrivants. L’impact de la colonisation a été déterminant, car elle a fixé la langue d’usage, la culture et les traditions qui ont perduré au fil des siècles. Aujourd’hui, dans un monde globalisé, les Caribéens se rapprochent tout en défendant la culture et le patrimoine propres à chaque île.

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Fin de l’esclavage et indépendance vis-à-vis des états européens

Abolition de l'esclavage dans les colonies britanniques

Vers la fin du 17ème siècle, l’Europe vit une période de mutation et de transition. De nombreuses voix s’élèvent en Europe pour réclamer la fin de la traite négrière et aussi l’abolition de l’esclavage. Ainsi, en 1807, le Royaume-Uni abandonne le trafic d’esclaves et en 1833 abolit l’esclavage dans toutes ses colonies sous l’impulsion de l’Anti-Slavery Society. Fondée en 1823, elle avait pour but l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique. Cet objectif a été atteint en 1833. Elle est remplacée par la British and Foreign anti-slavery Society qui va lutter contre toute forme d’esclavage dans le monde.

Abolition de l'esclavage dans les colonies françaises

En France, une partie du groupe des « Lumières », un groupe de philosophes français (Montesquieu, La Rochefoucauld, Rousseau, Lamartine) dénonce la société française, les privilèges dont bénéficie la bourgeoisie et réclame une société égalitaire, une libération des opprimés et une nécessité d’améliorer la société. Leurs revendications visaient essentiellement le Tiers-État et pas l’abolition de l’esclavage, contrairement à ce qui est souvent avancé. Les seules voix en France à s’opposer à l’esclavage en France sont celles du mouvement appelé « la société des Noirs ». Sous l'impulsion de British Anti-slavery, la Société des Noirs allait réclamer l'abolition de la traite négrière, l'abolition progressive de l'esclavage et une éducation des Noirs. Ce mouvement comptait des personnalités comme Alphonse de Lamartine (photo ci-dessous) ou l’abbé Grégoire. On peut aussi citer deux hommes politiques, Victor Schœlcher et François Arago, qui allaient rédiger le décret mettant fin à l'esclavage.

Portrait d'Alphone de Lamartine
Alphone de Lamartine

Alphonse de Lamartine (1790-1869) déclare le 23 avril 1835 :

Nous disons et l'esclavage dit avec nous : « Aucune loi ne peut donner à l'homme la propriété de l'homme; car la loi n'est que la sanction de la justice; car aucune conscience humaine ne peut légitimer l'esclavage; car nul n'est obligé de ratifier une loi qui le prive des droits donnés par la nature ».

Henri Jean-Baptiste Grégoire surnommé L’abbé Grégoire (1750-1831), un prêtre catholique figure emblématiques de la Révolution française déclare :

J'appelle négrier, non seulement le capitaine de navire qui vole, achète, enchaîne, encaque et vend des hommes noirs, ou sang-mêlés, qui même les jette à la mer pour faire disparaître le corps de délit, mais encore tout individu qui par une coopération directe ou indirecte, est complice de ces crimes.

Victor Schœlcher et François Arago étaient des hommes politiques français.

François Arago (1786-1853) devient ministre de la Guerre, de la Marine et des Colonies dans le Gouvernement provisoire de la Seconde République mis en place par Lamartine. Il contribue à l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises.

Décret de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises
Décret de l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises

Victor Schœlcher (1804-1893) est un homme politique français. Il est l’homme qui a rédigé le décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Il est nommé sous-secrétaire d’État à la Marine et aux colonies dans le gouvernement provisoire par le ministre François Arago. Il sera plus tard député de la Martinique. Le décret est signé par tous les membres du gouvernement en 1848. Il prévoyait l’abolition de l’esclavage dans toutes les colonies deux mois après la date du décret (soit en juin 1848), mais les révoltes d’esclaves dans les différentes îles vont accélérer la mise en application du texte. Le décret de Schoelcher prévoyait également une indemnisation des propriétaires d'esclaves.

Abolition de l’esclavage dans les colonies hollandaises

Carte de Curaçao en 1836
Carte de Curaçao en 1836

L'abolition de l'esclavage dans les colonies néerlandaises de la Caraïbe et d'Amérique (Curaçao, Saint-Eustache, Surinam, Saint-Martin, Aruba) sera décrétée dans un mouvement pro-abolitionniste en Europe. En effet, après les abolitions dans les colonies anglaises en 1833 et françaises en 1848, la pression en Europe se fait forte pour abolir l'esclavage dans les colonies hollandaises. À l'époque de l'abolition, dans les quatre colonies hollandaises Aruba, Bonaire, Curaçao, Saba et Saint-Eustache de la Caraïbe, 8 000 esclaves vivaient dans ces îles. Attention, cependant, bien que décrété l'arrêt de l'esclavage ne sera total que dix ans plus tard. Une période d'« apprentissage » avait été mise en place pour s'adapter au nouveau modèle.

Comme dans les Antilles Françaises, les propriétaires d'esclaves des colonies néerlandaises seront indemnisés pour combler la perte que causait cette mesure.
Les conséquences de l'abolition de l'esclavage seront désastreuses au point économique pour Curaçao qui connaîtra une importante crise économique. L'île connaîtra de nombreux exils vers d'autres îles des Antilles.

Abolition de l’esclavage dans les colonies espagnoles

Contrairement aux autres empires coloniaux anglais, français et néerlandais, l'abolition de l'esclavage dans les colonies espagnoles se fera État par État. Ainsi, si l'esclavage est aboli en République Dominicaine en 1844, il faudra attendre 1873 à Porto-Rico et 1886 pour Cuba.

La République dominicaine

L'abolition de l'esclavage à la République Dominicaine sera beaucoup plus lente car l'île est en plein bouleversement politique. Peu d'esclaves vivaient sur l'île et ils pouvaient racheter leur liberté contre la modique somme de 300 pesos. La partie est de Saint-Domingue qui appartenait à la France avait aboli l'esclavage depuis 1804 suite à la guerre d'indépendance avec la France. Les Français s'enfuient vers la partie espagnole de l'île en 1804. Le général Jean-Louis Ferrand, confronté au départ massif des Espagnols dès 1795 qui étaient généralement des éleveurs bovins, décide de mettre en place de grandes plantations avec des maîtres français. Il autorise ces derniers à aller capturer des Noirs dans la partie occidentale. Dessalines déclenche une expédition punitive contre eux.

Profitant de la présence d'un navire espagnol à Samana pour écrire et demander l'aide au Gouverneur Montes. Les Français sont battus par les troupes hispanico-créoles à la bataille de Palo Hincado le 7 novembre 1808. Les Français capitulent le 8 juillet 1809. Le pays se replace sous l'autorité de l'Espagne, mais l'île ruinée n'intéresse plus l'Espagne qui n'y exercera qu'un pouvoir modéré.

Portrait de Jean-Pierre Boyer
Jean-Pierre Boyer

Sous l'impulsion du mouvement de libération dans les colonies espagnoles d'Amérique, la population se soulève et proclame son indépendance le 1er Décembre 1821. Le président haïtien Jean-Pierre Boyer envahit l'île neuf semaines seulement après l'indépendance vis-à-vis de l'Espagne. Durant 22 ans, la République Dominicaine a été une colonie haïtienne. C'est suite à l'indépendance de la République Dominicaine, en 1844, que l'esclavage a été aboli.

Cuba

Esclaves dansant dans une plantation à Cuba
Esclaves dansant dans une plantation à Cuba

Cuba sera l'île qui aura connu l'esclavage le plus longtemps, de 1511 à 1886. C'est aussi l'une des îles qui aura connu la plus longue période de traite négrière autorisée et clandestine. Les grands sucriers déportèrent plus d'esclaves après l'interdiction de la traite qu'avant. Ils ont également mis en place un système d'« élevage » d'esclaves. Mais les esclaves seront concurrencés par les paysans espagnols (péons) et l'arrivée d'irlandais venus pour travailler dans les chemins de fer anglais vers 1840.

Les propriétaires terriens s'emparèrent également des Indiens Mayas du Yucatan, des « Turcs » réellement Égyptiens et Syriens, des Chinois (150 000 entre 1847 et 1874 venus de Macao et Canton sous contrat de salariat forcé) et des Indiens Coolies. Tous furent amenés à travailler dans les champs aux côtés des esclaves.

Porto-Rico

A Porto-Rico qui était à l'époque de une colonie espagnole, l'esclavage sera aboli le 22 mars 1873 par l'Assemblée Nationale espagnole. L'île qui s'était soulevée contre la domination espagnole le 23 septembre 1868 lors de la révolte appelée « El Grito de Lares » avait déclaré la République de Porto-Rico.

Mais cette indépendance fut éphémère en raison de divers problèmes (défaillances logistiques, indiscrétions mettant les autorités espagnoles en éveil, non-approvisionnement en armes). Mais cette révolte eut des effets considérables dans la mesure où elle contribua à mettre en place des réformes fondamentales comme l'abolition de l'esclavage pour les plus de 60 ans et les personnes nées après le 17 septembre 1868 puis l'abolition pour tous le 22 mars 1873 avec des clauses.

Vague d'indépendance et histoire récente

À la fin de l'esclavage, le statut politique des îles des Caraïbes est très différent. Si Haïti a obtenu son indépendance vis-à-vis de la France, les autres îles restent des colonies totalement dépendantes de la métropole européenne qui les possède. Elles sont souvent des colonies régies par des gouvernements européens. Le statut des habitants n'est pas le même par rapport à ceux vivant dans la métropole et à l'intérieur de l'île.

Dans les colonies françaises

Dans les colonies françaises, le décret d'abolition de l'esclavage prévoyait que les esclaves deviendraient des citoyens français à part entière et jouiraient de tous les droits garantis par la Constitution. La Martinique, la Guadeloupe (la Désirade, Marie-Galante, les Saintes), Saint-Martin et Saint-Barthélémy restent des colonies françaises rattachées à la France. Le système qui prévalait dès que les îles ont été des colonies françaises est maintenu. Un gouverneur qui est en fait un administrateur colonial est choisi pour représenter le pouvoir français dans l'île. Son rôle essentiel était de promulguer, par arrêté, les lois et décrets de la métropole qui devaient être appliqués dans la colonie. Il a des pouvoirs d'administration dans tous les domaines. Il exerce l'autorité civile. Le 28 mars 1846, les anciennes colonies françaises sont devenues des départements français. Un préfet remplace le gouverneur colonial avec des pouvoirs réduits comme cela est le cas dans tous les départements de métropole.

Depuis 2011, une autonomie partielle a été reconnue à la Martinique suite à un référendum. La Martinique disposera d'une unique collectivité territoriale au lieu du Conseil Départemental et du Conseil Régional. Elle disposera d'un conseil économique, social et environnemental. La Guadeloupe a rejeté ce projet. L'île dispose donc d'un Conseil départemental et d'un Conseil Régional. Saint-Barthélémy et Saint-Martin, qui étaient jusque-là des communes rattachées à la Guadeloupe, sont devenus des collectivités territoriales. Les deux petites îles disposent d'une Assemblée Délibérante.

Dans les colonies britanniques

L'histoire ne sera pas la même dans les colonies britanniques. L'empire britannique fait face à une vague d'indépendance dans ses colonies du monde entier après la Seconde Guerre Mondiale. À plusieurs reprises, l'empire britannique tentera de mettre en place une Fédération des Antilles Britanniques, mais il apparaît difficile de réussir à unir toutes les îles des Caraïbes de l'empire britannique. Les habitants des îles de l'empire britannique étaient des sujets. Seules des fédérations locales sont créées : la Fédération des îles Sous-le-Vent qui regroupait Antigua, Barbuda, Montserrat, Saint-Christophe, Niévès, Anguilla et la Dominique et la Fédération des îles-du-Vent qui comptait la Dominique, Sainte-Lucie, Trinité, Tobago, Grenade, Saint-Vincent et les Grenadines.

Concernant les Îles-Sous-le-Vent, chaque île disposait d'un gouvernement après la colonisation de l'île, mais en 1671, la Couronne anglaise décide d'affecter un gouvernement en chef pour gérer ses colonies de Saint-Christophe, Niévès, Anguilla, Antigua, Barbuda et Montserrat. La colonie des Îles-Sous-le-Vent est alors fondée. L'île de Tortola des Îles Vierges Britanniques est alors annexée en 1672. Cependant, les obstacles à surmonter sont nombreux car à plusieurs reprises, les différentes îles refusent cette centralisation du pouvoir (1683, 18ème siècle). En  1816, la Fédération des Îles-Sous-le-Vent est dissoute en deux colonies distinctes avec d'une part Antigua, Barbuda et Monserrat et de l'autre côté les Îles Vierges Britanniques, Saint-Christophe, Nevis et Anguilla. La colonie unique se reforme en 1833. En 1871, la Dominique et les Îles Vierges Britanniques sont rattachées à cette colonie qui devient une colonie fédérale. En 1956, la colonie fédérale est dissoute et devient le Territoire-des-Îles-Sous-le-Vent. Les Îles Vierges Britanniques forment une colonie à part. Ce statut provisoire prépare à la formation de la Fédération des Indes occidentales dont le Territoire des Îles-Sous-le-Vent sera une province.

L'histoire de la Fédération des Îles-du-Vent est plus récente. En effet, elle remonte à 1833. Elle est initialement appelée la colonie des Îles-du-Vent britanniques. Elle scelle l'arrivée d'un gouverneur unique en charge des îles de la Barbade, Grenade, Saint-Vincent et les Grenadines et Tobago avec la ville de Bridgetown à Barbade pour emplacement du gouvernement. En 1838, Trinidad (acquise en 1814) et Sainte-Lucie (1802) y sont intégrées. Cette colonie unique est également impopulaire. Trinité quitte la colonie en 1840. Barbade souhaite conserver son identité distincte et conserver son assemblée. Par la suite, de nombreux bouleversements sociaux et économiques rendent difficile la tâche du Gouverneur en Chef confronté à une fronde à Barbade, l'île la plus orientale de l'arc antillais.

En 1885, la Barbade quitte la Fédération pour devenir une colonie indépendante. Tobago quitte la Fédération en 1899 pour former avec Trinité la colonie de Trinité-et-Tobago. En 1940, la Dominique intègre les Îles-du-Vent au profit des Îles-Sous-le-Vent. En 1958, la Fédération est dissoute quand chaque île choisit de rejoindre la Fédération des Indes occidentales comme une province distincte.

La Fédération des Indes occidentales ou Fédération des Antilles aura une durée de vie plus limitée (seulement 4 ans). Elle comprenait 24 îles majeures comme la Jamaïque, les Îles Turques-et-Caïques, Barbade, Sainte-Lucie, la Dominique, Grenade, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Montserrat, Saint-Kitts-Nevis-Anguilla, Trinité-et-Tobago, les Îles Caïman, Antigua-et-Barbuda.

Le Royaume-Uni prévoit ainsi que la fédération des Indes occidentales devienne bientôt un État unique pleinement indépendant, semblable sous sa forme à la Confédération canadienne, au Commonwealth d’Australie ou à la Fédération d'Afrique centrale. Cette organisation ne tient pas, notamment parce que la Jamaïque, la plus grande île de la fédération, se sent lésée et que ses richesses profitent plus aux autres îles qu'à sa propre population.

La Jamaïque quitte la Fédération en 1961 et devient indépendante le 6 août 1962. Elle est suivie de peu par Trinité-et-Tobago qui devient un État, indépendant le 31 août 1962. Après les départ des deux « gros », les difficultés économiques sont nombreuses et Barbade nouvelle « capitale » ne peut accepter d'assumer seule l'ardoise de dettes.

La Fédération est dissoute à Londres le 31 mai 1962 et les îles deviennent des colonies britanniques distinctes supervisées par le Royaume-Uni. Elles obtiendront toutes peu à peu leur indépendance. À noter que toutes ces îles ont conservé un lien avec l'empire britannique en faisant partie du Commonwealth. La Reine d'Elizabeth II est le chef d'état des différentes anciennes colonies britanniques et un Premier Ministre élu dispose des pouvoirs exécutifs.

La Barbade, qui a obtenu son indépendance en 1966, est devenue une république après l'annonce de Sandra Mason, gouverneure générale, le 15 septembre 2020.

Dans les colonies espagnoles

Vice-Royauté d'Espagne en 1600
Vice-Royauté d'Espagne en 1600

Les colonies espagnoles des Antilles seront rattachées à la Vice-Royauté de Nouvelle-Espagne en Amérique fondée en 1525. Elle rassemblait toutes les colonies hispaniques d'Amérique. Parmi, il y avait la Capitainerie générale de Saint-Domingue créée en 1535. Elle couvrait Porto-Rico, Saint-Domingue et Cuba. Par la suite, la Capitainerie générale de Cuba est fondée en 1664, puis la Capitainerie générale de Porto-Rico en 1792. Elles prendront leur indépendance pour être gérées localement.

La République Dominicaine

L'histoire sera différente selon les îles. Saint-Domingue a connu divers bouleversements politiques jusqu'à son indépendance vis-à-vis d'Haïti en 1844. En 1861, l'île est rattachée à l'Espagne en raison des pressions trop fortes d'Haïti, mais une guerre éclate pour restaurer l'indépendance de l'île en 1863, qui sera actée en 1865.

Portrait de Rafael Trujillo
Rafael Trujillo

Face aux difficultés économiques, les États-Unis instaurent un protectorat sur le pays en 1906. Cette protection devient une occupation militaire et se termine en 1924 avec la victoire aux élections d'Horacio Vásquez. À partir de 1830, Rafael Trujillo, allié des Américains, s'impose en tant que dictateur. La République Dominicaine doit faire face aux sanctions des États-Unis et est assassinée le 30 mai 1861.

La fin de la dictature ne sera pas pour tout de suite. Après un triumvirat, la dictature est rétablie le 24 avril 1965. Les Américains interviennent à nouveau jusqu'en Septembre 1966. La démocratie est rétablie peu après. Joaquín Antonio Balaguer Ricardo est élu en 1966, 1970 et 1974 et perd les élections en 1978. Antonio Guzmán est élu et la passation de pouvoir se passe dans le calme. Aujourd'hui, Luis Abinader est le président de la République Dominicaine élu en août 2020.

Cuba

De la même façon qu’Haïti avait obtenu son indépendance en prenant les armes, Cuba devra lutter pour obtenir son indépendance vis-à-vis de l’Espagne malgré l’apport de vétérans américains aux côtés des insurgés cubains. Le peuple cubain obtient cependant le Pacte de Zanjón (10 février 1878) qui lui procurera une certaine autonomie, l’abolition de l’esclavage en 1880 (appliquée en 1886), l’égalité de droits entre Noirs et Blancs en 1893 et la naissance des premiers partis politiques.

Plus tard, le Président américain William McKinley (1897-1901) décide d’envoyer un navire de guerre, le Maine, dans les eaux cubaines afin de protéger les intérêts américains. Le 15 février 1898, le Maine explose dans le port de La Havane et 250 marins meurent sur le coup. Selon le gouvernement américain, ce seraient les Espagnols qui auraient attaqué leur navire. Ils interviennent dans la guerre que menaient les révolutionnaires cubains contre les Espagnols à un moment où ces derniers étaient proches de la victoire.

Le Traité de Paris en 1899 va mettre fin au conflit. Ils cèdent Cuba, Porto-Rico, Guam et les Philippines aux États-Unis. Pendant quatre ans (1898-1902), les Américains occuperont l’île en y installant un gouvernement militaire d’occupation. Ils accordent à Cuba son indépendance le 20 mai 1902 et la République de Cuba est officiellement fondée. Les États-Unis conservent les bases navales de Guantanamo et Bahia Honda, un droit de regard et d’intervention en cas d’effondrement constitutionnel. Les Américains quittent l’île en gardant également une mainmise sur l’économie de l’île. Cuba reste sous la dépendance américaine jusqu’à la Révolution de Castro.

Plusieurs bouleversements politiques allaient perturber l’île. En 1933, une révolution éclata et Ramón Grau San Martín devint président, puis Fulgencio Batista, qui avait participé au coup d’État, lui succéda. Il remporta des élections considérées comme truquées. Par la suite, en 1952, il mena un coup d’état et se proclama président. Son mandat fut renouvelé en 1954 au terme d’élections truquées.

Fidel Castro
Fidel Castro

En 1959, Fidel Castro mena une révolution et parvint à déloger le dictateur Fulgencio Batista. Les États-Unis qui soutenaient ce dernier mettront en place un embargo contre Cuba suite au rapprochement de Castro avec les Russes en période de guerre froide. Il a conservé le pouvoir jusqu’à 2006, où, malade, il dut se résigner à laisser le pouvoir à son cousin Raúl Castro. Ce dernier est élu en 2008. Il entreprit diverses réformes dont un rapprochement avec les États-Unis, concrétisé par la reprise des relations diplomatiques entre Cuba et les USA. Le 20 juillet 2015, les États-Unis et Cuba rouvrent officiellement leurs ambassades dans les deux pays respectifs.

Porto-Rico

Comme vu précédemment, Porto-Rico est cédé aux Américains par les Espagnols en 1899 lors du Traité de Paris. Contrairement à Cuba, Porto-Rico va rester sous la tutelle des États-Unis. L’île est actuellement considérée comme le 51ème État des États-Unis. Ce statut fait face cependant à de fortes oppositions dans une île séparée entre partisansComme on peut le constater, les îles de l'archipel caribéen ont beaucoup en commun, notamment leur histoire où elles ont connu les mêmes phases de peuplement : les Arawaks et les Caraïbes, puis les Européens qui ont fait venir des esclaves d'Afrique pour travailler dans les plantations, et ensuite des travailleurs migrants d'Asie pour amplifier la main-d'œuvre agricole. de l’indépendance et d’une intégration pleine et entière aux États-Unis d’Amérique.