• Bataillon de soldats prêts à s'engager pour la France brandissant le drapeau français

    La Seconde Guerre mondiale en Martinique et pour les Martiniquais

    33 minutes

Du déclenchement de la guerre à l’Occupation Française

De la drôle de guerre à l’Europe allemande

À la suite de l’envahissement de la Pologne par les troupes d’Hitler, les Britanniques puis les Français déclarent la guerre à l’Allemagne. A l’époque les tensions dans le monde entier étaient telles que cette guerre ne choque personne quel que soit le point où on se trouvait sur le globe.

Les puissances alliées avaient à plusieurs reprises reculé face aux exigences d’Hitler qui progressivement agrandissait son territoire. Il ravage l’Autriche en Mars 1938, les Sudètes Tchèques en Octobre 1938 puis le reste de la Tchécoslovaquie en mars 1939. Quand il s’attaque à la Pologne dans sa conquête de l’ouest, les Alliés se rappellent au pacte de protection signé avec les Polonais et lui déclarent la guerre.

Les 8 premiers mois sont marqués parce qu’on appelle la « drôle de guerre ». Les puissances s’observent sans véritable agression. A part à la frontière franco-allemande, il ne se passe rien. Tout cela laisse le champ libre aux troupes hitlériennes pour s’emparer sans lutte de la Pologne.

Malgré cela, l’Allemagne n’est pas redoutée. Personne en France ne pense que l’Allemagne pourra résister à un assaut conjugué des forces françaises et britanniques. Pour les dirigeants de l’époque, l’Allemagne ne dispose pas de fonds suffisamment importants pour faire face à deux puissances européennes.

Sans le savoir, la période de drôle de guerre a permis à Hitler de considérablement renforcer ses armées dans le but de frapper à l’ouest.

En Avril 1940, le Danemark et la Norvège tombent et un mois plus tard c’est au tour de la Belgique et des Pays-Bas alors neutres dans ce conflit de céder aux armées hitlériennes.

La France est rapidement ravagée et le 22 juin 1940 elle capitule. Symboliquement, l’armistice est signé à Rethondes dans le même wagon où les deux pays avaient signé l’armistice de la guerre 14-18. Seule l’Angleterre et son empire colonial résistent encore aux Allemands qui ont désormais un empire en Europe qui va de l’URSS à l’Atlantique.

Les troupes d’Hitler rentrent à Paris et défilent sur les Champs-Elysées. Pour eux, ils ont pris leur revanche sur 14-18.

En Martinique, une forte adhésion à la cause nationale

Dès le début de la guerre, le Ministre des Colonies de l’époque, Georges Mandel donne des instructions aux gouverneurs. Le 30 août 1939, il rappelle de sa retraite l’Amiral Georges Robert.

Amiral Robert
Amiral Georges Robert en charge de la Martinique et la Guadeloupe

Né en 1875, Georges Robert avait fait une brillante carrière qui l’avait conduit aux plus hautes fonctions de la marine. Il avait été Vice-Amiral en 1830 puis commandant-en-chef de l’escadre de la Méditerranée. Le 14 septembre 1939, il arrive en Martinique en tant que Haut-Commissaire de la République et Commandant du 4ème Théâtre d’opérations de l’Atlantique ouest.

Ses principales missions sont de maîtriser la navigation maritime entre les États-Unis et l’Europe, d’assurer la défense et maintenir l’ordre intérieur dans les colonies des Antilles et d’Amérique du sud (Guadeloupe, Martinique et Guyane).

Le Gouverneur de l’époque, Georges Spitz transmet la parole nationale et le discours patriotique est largement répandu. Les appels pour aller défendre la « mère Patrie » et la propagande nationale sont nombreux.

5 300 jeunes martiniquais sont mobilisés : 4 000 réservistes et 1 300 appelés. 2 000 furent appelés en France.

Il a été décidé de protéger la Martinique en cas d’attaque d’un sous-marin allemand. Pour cela, des nids de mitrailleuses et quelques canons hors d’usage sont installés sur tout le pourtour de l’ile pour faire croire aux Allemands qu’ils ne pourraient pas attaquer l’île.

Les appelés restés dans l’île s’apprêtent en cas d’une attaque terrestre. Une ligne de défense et de protection civile est créée en Martinique qui ne servira à rien finalement. Sur place personne ne croit réellement à une attaque.

En Martinique également, la confiance était de mise, on croit à une victoire rapide de la France. La France avait la meilleure armée du monde et localement tout le monde pense qu’elle ne fera qu’une bouchée des Allemands. Aussi quand la France tombe rapidement sous la coupe d’Hitler tout le monde est sous le choc. Les familles des engagés de l’armée française redoutent le pire pour leurs proches partis rejoindre les troupes nationales.

Le 18 juin 1940, depuis Londres Charles de Gaulle, un général de brigade appelle les Français de l’hexagone et de l’empire colonial à se rallier à lui pour battre l’envahisseur aux côtés des Alliés. Le 24 juin, plusieurs élus locaux se réunissent pour clamer « leur attachement indéfectible à la France et volonté de continuer la lutte aux côtés des Alliés avec l’Empire français d’outre-mer ».

À noter que tous les élus ne partagent pas le même avis, certains élus de Martinique ont adhéré au gouvernement de Vichy. Le sénateur Henry Lémery, présenté auparavant a été brièvement Ministre des Colonies dans le gouvernement de Pierre Laval sous l’égide du Maréchal Pétain du 12 juillet au 6 septembre 1940. A Hitler qui avait déclaré en parlant de lui que la France était en train de se « négriser » il avait répondu avec audace : « non, monsieur Hitler, c'est l'Afrique qui est en train de franchiser ». Joseph Lagrosillère, président du Conseil Général également avait approuvé les positions de Lémery.