• Bataillon de soldats prêts à s'engager pour la France brandissant le drapeau français

    La Seconde Guerre mondiale en Martinique et pour les Martiniquais

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Les Martiniquais partent en guerre, récit d’un héros oublié

Rémy Oligny, un dissident martiniquais a raconté son histoire au journaliste Julian Bugier au cours d’un reportage intitulé Seconde Guerre mondiale : hommage aux combattants antillais lors du journal télévisé du 13 août 2014. 

J’avais 18 ans quand je suis parti de la Martinique. Mes parents avaient entendu l’appel : « Moi, général de Gaulle, j’appelle tous les Français qui veulent rester livres à m’écouter et me suivre. »  Nos parents nous avaient tellement appris à aimer la patrie que nous n’avons pas pu résister, mais c’était très difficile à cause du régime de l’Amiral Robert.

Avec d’autres dissidents, Rémy Oligny décide de dire non au régime de Vichy et s’en va à l’âge de seulement 18 ans. En janvier 1943, il embarque avec d’autres jeunes à bord d’un bateau de fortune et ceci en toute clandestinité.

« Je suis parti un matin à 8h. J’avais un costume de pêcheur. J’ai fait semblant de partir à la pêche ». Arrivé sur l’île de la Dominique, il est ensuite acheminé aux États-Unis dans le New Jersey où il sera entraîné à faire la guerre, faire corps à l’ennemi. D’un jeune adolescent, il faut en faire un combattant.

Vous êtes endurcis, vous êtes disciplinés. Et demain, vous pourrez rencontrer l’ennemi avec la certitude. 

Quand on lui demande comment s’est passé son séjour dans une Amérique ségrégationniste, il explique que « sur le costume américain que l’on nous avait donné, nous avions brodé le mot « France » des deux côtés. Dès qu’on voyait que nous étions Français, nous n’étions plus des Noirs ».

Sa première bataille serait celle de Monte Cassino en Italie, un lieu où les alliés ont perdu 115 000 hommes où il « perd un camarade de classe » qu’il a « laissé dans un cimetière ». « C’est encore douloureux » avoue-t’il.

Puis il fera partie du Débarquement en Provence avant de participer aux combats dans la vallée du Rhône, ensuite en Alsace où il connaîtra 350 jours continus de front et de combat.

Quand Strasbourg est enfin libéré en Novembre 1944, il rentre en Martinique.

À son retour en Martinique, aucune haie d’honneur ni même une cérémonie officielle ne l’attendait, juste sa mère qui était venue le chercher en taxi pour le ramener à la maison.

Il conclut par sa tristesse de l’anonymat de son retour alors qu’il avait pris part à la guerre. Il faudra attendre plusieurs décennies pour enfin voir ce héros sortir de l’anonymat en étant décoré de la Légion d’honneur par le Président de la République, François Hollande à l’occasion des 70 ans du Débarquement de Provence en 2014. Rémy Oligny était alors âgé de 91 ans !